À propos de l'auteur.e
Immersion au cœur d’un atelier jurassien où le bois vieillit avec patience pour donner naissance aux barriques des plus grands domaines français.
C’est l’histoire d’une rencontre, celle d’un tonnelier bourguignon et du gérant d’une scierie jurassienne. De cette complicité est née en 2001, l’une des plus importantes merranderies de Franche-Comté.
« Je n’y connaissais rien en merrains, je vendais juste des grumes aux merrandiers mais j’avais envie d’apprendre le métier. Un jour, Jacques Damy, tonnelier à Meursault et Meilleur Ouvrier de France, me dit « si tu veux, je t’apprends » », se souvient Pascal Jacquin, gérant de Merrains du Jura. Filiale de SIBC Group, l’entreprise de sept salariés s’impose aujourd’hui comme un maillon clé de la filière tonnelière : c’est elle qui transforme les grumes en merrains, ces planches indispensables à la fabrication de barriques.
Plus de deux décennies plus tard, l’atelier a bien grandi et vient d’investir 1,7 million dans une nouvelle merranderie à Saint-Germain-en-Montagne. Dotée de machines performantes pour optimiser la production et améliorer les conditions de travail, elle alimente les tonneliers des plus prestigieuses régions viticoles – Bourgogne, Bordeaux, Cognac – avec près de 3 000 m³ de grumes par an, soit 7 500 tonneaux.
Chaque détail compte
Pour faire des barriques, il faut des merrains, principalement en chêne, que les tonneliers transformeront en douelles. Seuls les meilleurs bois deviendront merrains, pour qu’une fois usinés, ils garantissent l’étanchéité tout au long de la vie du tonneau. « C’est aussi la façon dont il est débité qui va garantir l’étanchéité du bois », précise Pascal Jacquin. Car un merrandier, c’est aussi un œil infaillible pour façonner du merrain de droit-fil, c’est-à-dire en respectant parfaitement l’orientation naturelle des fibres du bois. L’assurance d’une barrique étanche et solide. La finesse des grains a également son importance. Plus le grain est fin, plus l’échange entre le vin et la barrique est optimisé.
Un atelier où les bois vieillissent comme les bons vins
Engagée dans une démarche de circuit court, l’entreprise privilégie un approvisionnement local, avec 80 % de ses grumes provenant à moins de 150 km de la scierie. Un principe, particulièrement cher à Pascal Jacquin : « Je me suis toujours battu pour défendre la qualité des chênes jurassiens. Longtemps ignorés, ils commencent enfin à être reconnus par les tonneliers. » Une fois sélectionné et coupé, le bois est laissé à l’air libre pendant 24 mois. Lessivé par la pluie, séché par le soleil, il éliminera au fil du temps ses tanins indésirables. Alignées sous le ciel jurassien et exposées aux saisons, les planches de chêne absorbent le passage du temps comme un grand cru en devenir. Ce n’est qu’à l’issue de cette « maturation » qu’elles pourront être transformées en merrains secs ou frais, selon les besoins des tonneliers. Un savoir-faire discret, mais essentiel, au service des plus belles bouteilles.
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