À propos de l'auteur.e
Derrière les étals colorés de Jacoulot Primeurs, à Morteau, il y a Clotilde. Un sourire, une énergie débordante, un franc-parler et une idée à la minute. Ici, elle n’est pas seulement commerçante : elle est une passionnée qui transforme fruits et légumes en véritables histoires à raconter. Rencontre.
Petite, Clotilde a grandi dans l’odeur des fruits et légumes fraîchement livrés, dans le joyeux tumulte du magasin familial fondé par son grand-père en 1961. « On habitait juste au-dessus. Dès 10-11 ans, j’aidais au magasin. Les gens étaient contents de nous voir, c’était sympa », se souvient-elle. Pourtant, elle s’est d’abord éloignée du métier, suivant des études avant de se rendre à l’évidence : le monde du primeur l’attirait bien plus que les bancs d’école. « Quand j’ai commencé l’enseignement, je m’ennuyais. J’avais l’impression que les semaines duraient des plombes. Ce qu’il me fallait, c’était retrouver cette adrénaline du commerce qui fait passer le temps plus vite. »
De MOF à l’Élysée
Mais Clotilde n’est pas du genre à faire les choses à moitié. En 2011, elle décroche le prestigieux titre de Meilleure Ouvrière de France (MOF) en catégorie primeur. « Jean-Luc Viennet, MOF boulanger, m’a poussée à tenter ma chance. J’hésitais, je venais d’avoir mon deuxième enfant. Je savais que ce serait un boulot de titan, mais j’aime les défis. Ce qui me fait peur, c’est de m’ennuyer ! » Battante et dotée d’une capacité de travail hors norme, elle se lance avec un seul objectif : la victoire. Et elle l’obtient. « Je n’étais plus seulement la fille ou la petite-fille de… J’étais Clotilde, MOF primeur. Ça m’a donné une légitimité. » Ce titre lui ouvre de nouvelles opportunités que la dynamique primeur saisit sans hésiter. À Dubaï, elle anime des workshops et promeut les légumes français lors de l’exposition universelle. Elle travaille pour des ministères, rencontre Nicolas Sarkozy, François Hollande, lance son concours national « Corbeille d’Or « et organise même à plusieurs reprises, le buffet du 1er mai à l’Élysée. Aujourd’hui, rares sont les MOF encore en activité dans sa catégorie, et encore moins les femmes. Au-delà du titre, Clotilde Jacoulot incarne une génération de passionnés et engagés, qui, malgré les honneurs et les sollicitations, continue de se lever chaque matin à 4h30 (minuit et quart le mercredi !) pour faire vivre son métier. Toujours avec le sourire.
Une primeur 2.0, à l’aise devant les micros
Clotilde est aussi une communicante hors pair. Très active sur les réseaux, elle distille conseils, astuces et recettes avec une aisance toute naturelle. « J’avais tant d’infos à donner en magasin, autant en faire profiter tout le monde ! À Dubaï, déjà, des instagrameuses m’avaient encouragée à montrer mes ateliers en ligne. J’aime la com’, alors je me suis lancée. Et puis, cela serait triste de devenir has been et de ne pas vivre avec son temps. » D’abord sur Facebook, puis Instagram, elle s’initie à TikTok avec Justine Urlascher, une jeune community manager. « Justine vient une fois par mois au magasin. On prépare les sujets et on tourne tout d’un coup. Les gens veulent des infos et du fun, alors on leur en donne. »
Boostée par cette visibilité 2.0, légitimée par son titre de MOF, le tout avec une tchatche redoutable… Il n’en fallait pas plus pour que Clotilde se retrouve derrière les micros et les caméras. Après une chronique mensuelle animée sur France 5 dans « Le Magazine de la santé », on l’entend désormais chaque mardi à 10h25 sur Ici Besançon.
Dynamiser le métier pour inspirer les nouvelles générations
Aujourd’hui, Jacoulot Primeurs, c’est une vingtaine de salariés, un laboratoire de découpe fraîche proposant plus de cinquante recettes de salades, soupes et plats prêts à cuisiner. « Les frontaliers viennent dès 5h30 chercher leur salade. Certains clients passent juste pour discuter. C’est ça, le commerce de proximité », sourit Clotilde, qui partage aussi ses recettes sur son site et dans une collection de livres, un pour chaque saison. Innovante et toujours en mouvement, elle transmet avec passion son métier : former les jeunes, éveiller les papilles, valoriser les produits et sa région… Voilà ce qui l’anime. Quant à l’avenir, elle reste ouverte aux opportunités. « Pour être heureux dans son boulot, il faut foncer, bosser et être optimiste. » Une philosophie qui, visiblement, lui réussit.
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