À propos de l'auteur.e
Il travaille entre ciel et terre. Son terrain de jeu ? Des murs, des terrains de sport, des poutres et des structures architecturales, autant de toiles à ciel ouvert pour ses œuvres monumentales. Peintre muraliste, Vincent Small se distingue par son approche minimaliste, graphique et colorée. Des fresques qui sont bien plus qu’un décor… Rencontre avec un artiste qui dialogue avec l’espace public.
Chez Vincent Small, il y a toujours un jeu d’échelle. Celui qui aime « se faire petit » adopte pourtant une démarche résolument monumentale. Un paradoxe assumé, jusqu’à son pseudonyme car s’il aime la discrétion, impossible de rater ses œuvres : elles prennent la ville à bras-le-corps, s’étirent sur les murs, sols, façades, se glissent dans les interstices urbains comme une signature qu’on ne peut ignorer.
Sa passion, Vincent Jacquin – de son vrai nom -, la découvre à l’adolescence. Tandis que d’autres jouent au foot, lui passe son temps libre, bombe de peinture à la main. Avec ses amis graffeurs, il trouve son terrain d’expression dans l’ancienne usine Bel de Lons-le-Saunier, toute proche de son collège. Influencé par des artistes de l’époque au style novateur, le jeune homme forge déjà son propre style : minimaliste, stylisé, graphique, très éloigné du lettrage complexe foisonnant sur beaucoup de murs.
Designer graphique de formation, il devient indépendant en 2007. Pendant plusieurs années, il mène une double vie entre design graphique, son métier, et graffiti, sa passion. Peu à peu, il quitte les codes du graffiti traditionnel pour développer une approche plus graphique. Mais c’est en s’installant à Besançon que sa démarche s’enracine. Ses créations deviennent plus visibles et en 2015, il décide d’en faire le cœur battant de son activité artistique. Les projets s’emballent, Small se fait un nom, une image.
« De l’art urbain qui éveille la curiosité »
Chez Small, l’art urbain est avant tout une histoire collective, entre l’œuvre, l’artiste et le public. En témoigne le terrain de basket Isenbart à Besançon, sa fresque-phare réalisée en 2021, née d’un long processus de co-construction avec habitants, joueurs et institutions. « Les réunions publiques ont permis de créer des échanges entre ces différents publics. On a aussi travaillé avec les joueurs sur l’adhérence du sol et le dessin », souligne l’artiste. Un projet tremplin, qui lui ouvre de nombreuses portes.
« Je ne veux pas juste peindre des murs. Je veux que ça touche, que ça éveille la curiosité »
Passé par l’imprimerie, Vincent Small transpose les principes de superposition des couleurs à l’échelle du mur. Une adaptation créative de la sérigraphie qui devient un outil de création et de reproduction à grande échelle. Une rigueur graphique qui n’enlève rien à sa liberté d’expression. S’il aime l’abstraction, il cherche avant tout à provoquer une émotion, une réaction. L’anamorphose, image déformée qui ne prend forme que depuis un point précis, devient une forme d’expression. « Je ne veux pas juste peindre des murs. Je veux que ça touche, que ça éveille la curiosité. Ça peut passer par l’anamorphose ou par l’implication du public dans la création des œuvres », insiste-t-il. On retrouve cette illusion d’optique dans le parking de l’immeuble Olympia à Besançon ou encore, plus techniques, dans le couloir des Forges au stade Auguste Bonal et au stade de l’AJ Auxerre. En 2023, il peint l’un des terrains de basket les plus fréquentés de Paris dans le cadre du plan de rénovation pour les Jeux Olympiques. Cet été, Vincent Small a réalisé une fresque hommage à l’histoire ouvrière de l’usine Kelton, en binôme avec Katie Guthrie, muraliste écossaise. En parallèle, il investit des lieux atypiques, comme la maison d’arrêt de Besançon. Là encore, ses œuvres sont cotravaillées avec les détenus… Preuve que son art n’a rien de purement décoratif mais s’enracine dans une dimension sociale et humaine forte.
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