À propos de l'auteur.e
Ils sont jeunes, ils sont doués et font briller la région. Parmi eux, Basile Menassol-Schmidt, étudiant en conception microtechnique à Supmicrotech-ENSMM. À tout juste 23 ans, le jeune franc-comtois s’est illustré lors de la Compétition Mondiale des Métiers WorldSkills, le plus grand événement d’excellence en matière de formation professionnelle et de compétences au monde. Portrait.
Pendant deux ans, il s’est entraîné 15 à 20 heures par semaine pour exceller dans sa catégorie, « CAO Ingénierie mécanique ». Un travail payant puisque le jeune doubien a été sacré champion régional en mars 2023, champion national six mois plus tard puis 6e mondial en septembre 2024, avec une médaille d’excellence en prime. Une première française dans cette discipline depuis la création de ces olympiades des métiers dans les années 50. Jusqu’ici, la France n’avait jamais dépassé la 9e place, souvent devancée par les compétiteurs asiatiques ou des Émirats Arabes. « Quand on a vu mon nom s’afficher à la 6e place, on a sauté de joie », sourit Basile Menassol-Schmidt à l’évocation de ce souvenir. « On », c’est son école, son entreprise d’alternance Micro-Mega (Besançon), ses coachs, ses parents et même le président Emmanuel Macron venu le féliciter. Car oui, ces 63 jeunes de moins de 23 ans représentant 64 métiers (construction, alimentation, industrie, numérique…) incarnent bel et bien l’élite française.
Une préparation digne de sportifs de haut niveau
Dans une ambiance digne des Jeux Olympiques, les épreuves des mondiaux se déroulent sur quatre jours. Pendant six heures par jour, Basile a conçu un robot hydraulique et une machine spéciale, un compresseur hydraulique ainsi qu’un tour traditionnel, puis, enfin, le carter d’une boîte de vitesse automobile, le tout en créant plans, animations et rendus réalistes. Une pression intense, brillamment gérée par ces jeunes talents qui ont suivi un entraînement très exigeant. Accompagnés par des experts techniques, ils ont même bénéficié d’une préparation physique et mentale. « Dès la qualification nationale, on a au minimum trois coachs qui nous suivent jusqu’aux épreuves. Leur soutien est important car on doit se surpasser », souligne le jeune homme, qui, malgré la compétition et ses études, n’a pas lâché ses trois passions : l’alpinisme, le ski de randonnée et le ski alpin. « Un corps doit rester actif pour être performant intellectuellement. Le sport me ressource, j’en ai besoin. »
« Les WordSkills, c’est 10 ans d’expérience technique en plus et l’acquisition de nombreuses compétences humaines. Mais c’est surtout une victoire d’équipe car sans mes coachs, mais aussi sans mon école et mon entreprise, je n’y serais pas arrivé »
La filière pro : « le meilleur choix de sa vie »
Basile Menassol-Schmidt n’a pas 16 ans quand il quitte la filière générale pour un bac technologique. « Tout le monde suivait le mouvement sans ambition, sans savoir quoi faire après le BAC. Moi, j’ai voulu tracer ma voie et apprendre un métier. Ça a été le meilleur choix de ma vie. » Originaire du Haut-Doubs, il s’oriente vers les microtechniques, puis poursuit avec un BTS conception microtechnique. Son objectif : sortir major pour intégrer Supmicrotech, la seule école française dans sa spécialité. Pari réussi. « Ça n’était pas évident en sortant de BTS mais c’est un peu l’histoire de ma vie… À chaque fois que j’intégrais une formation, j’étais celui avec le moins de niveau. Mais c’est ce qui m’a donné le goût de la compétition. » Premier de sa promo, il intègre donc la prestigieuse école bisontine et se lance dans les WordSkills, encouragé par son ancien professeur de BTS. « Contrairement au sport, dans nos métiers, même si on est bons, il n’y a pas moyen de quantifier notre niveau. Les WordSkills permettent aux jeunes de prouver leurs compétences au monde entier. »
De nombreuses opportunités
Brillant, déterminé et passionné, le jeune doubien incarne l’expression rayonnante des formidables atouts que porte notre région, régulièrement sur le podium national. Sa détermination à se dépasser, à repousser ses propres limites, à engager une grande part de son temps et de son énergie dans cette aventure audacieuse, prouve que la jeunesse a encore beaucoup à offrir. Depuis ses exploits, Basile Menassol-Schmidt a reçu plusieurs propositions d’embauche. Mais, la tête sur les épaules, il préfère poursuivre ses études, convaincu qu’il lui reste encore tant à apprendre des autres •
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