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Écrit par Manuel Posté le
Chez Smoby, le goût du jeu et du Jura
Depuis son rachat par un groupe allemand en 2008, l’entreprise jurassienne, créée en 1924, a de nouveau la cote auprès des familles. La recette de ce come-back ? S’appuyer sur son ancrage territorial et ses savoir-faire pour répondre aux enjeux industriels présents et à venir. Sur le terrain, le chef d’orchestre de cette stratégie s’appelle Éric Gouilloux.
Éric Gouilloux semble à la fois posé et toujours en mouvement, curiosité et méninges galopantes. Une condition requise pour travailler, comme il le fait depuis 2012, au cœur de la fourmilière Smoby Toys. « C’est captivant de voir comment l’enfant utilise un jouet et évolue avec, mais aussi de quelle façon nous, fabricants, pouvons nous adapter à son évolution. L’enfant grandit avec nos jouets et nos jouets grandissent avec lui », souligne-t-il.
Éric Gouilloux a effectué une partie de sa carrière chez SEB, avant d’entrer chez Smoby Toys par la porte du service innovation. Il est aujourd’hui responsable des projets industriels et en charge du bureau d’études de l’entreprise, dont l’activité est répartie entre Lavans-lès-Saint-Claude, Moirans-en-Montagne et Arinthod.
C’est là que ce Jurassien de l’Ain, très attaché à son massif natal, officie. Deux cents personnes et une cohorte futuriste de bras robotisés y font tourner une unité de production de 35 000 m² qui « ne s’arrête jamais ». « La robotisation permet de soulager le personnel sur des opérations difficiles et des pièces lourdes. La glisse d’un toboggan pèse 7 kilos. Pour des équipes qui travaillent entre huit et douze heures par jour, il est impossible de traiter une pièce par minute. L’être humain ne suit pas la cadence », explique Éric Gouilloux.
L’ambassadeur d’un jouet français et accessible
Depuis 2008, cette dernière relocalise sa production, avec un certain succès. Aujourd’hui, 75 % de ses jouets en plastique sont conçus et fabriqués dans le Jura, telle l’iconique cabane de jardin, qui de parties de cache-cache en sessions de cuisine expérimentale, s’est inscrite dans la mémoire collective de générations d’enfants.
Quinze pourcents de la production globale proviennent d’Espagne et 10 % de Chine, un pays encore difficile à contourner en matière d’électronique. « Chaque année, nous renouvelons un tiers de notre collection. À chaque fois, nous réfléchissons à la façon dont nous pouvons faire évoluer le produit pour le relocaliser. Nous avions par exemple une table d’activité sur laquelle nous avons décidé de supprimer les fonctions électroniques made in China au profit de fonctions mécaniques made in France, mais cela n’est pas toujours possible », détaille-t-il.
Le prix demeure en effet un facteur de poids. « Les clients sont prêts à acheter français mais au tarif d’un produit d’import ! » Un casse-tête auquel il s’attelle au quotidien avec conviction et engagement.
Le chef d’orchestre des process industriels
Robotisation, économie d’énergie, modernisation continue du parc machines, lancement de la collection Smoby life en plastique recyclé, recyclage de la matière en boucle fermée, rationalisation des flux… proposer du made in France accessible repose sur un ensemble de synergies. « Du bureau d’études à la fin de vie d’un jouet, en passant par la conception de l’outillage, la taille et l’agencement du colis, le remplacement des pièces usées… Nous maîtrisons tout ! Dans mon ancien métier, je gérais l’import, je sais donc ce que signifie produire en Chine. Pour moi, continuer à produire ainsi n’avait plus rien de stimulant. »
Le quinquagénaire, pour qui l’innovation est à la fois la clé et le carburant se réjouit : « Trouver des solutions concrètes et en constater les effets vertueux, c’est très excitant. Le faire, en plus, pour des enfants, c’est la cerise sur le gâteau ! On se lève tôt mais ce n’est pas un problème. » •
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