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La société haut-saônoise, Waltefaugle, compte parmi les plus importants charpentiers métalliques de France. Elle réalise près de 500 bâtiments par an dans les secteurs agricole, industriel et tertiaire sur un grand quart nord-est de la France. Ces réalisations portent sur des construction neuves, des réhabilitations de bâtiments existants ou des modifications d’unités de production intégrant des ponts roulants, des fortes charges suspendues et des grandes portées. Depuis 2022, la société centenaire est très active sur la question environnementale.
La société Waltefaugle, basée à Dampierre-sur-Salon (Haute-Saône), fêtera ses 170 ans en 2026. Elle est aujourd’hui co-dirigée par trois frères Saugier (David, président ; Michael, directeur technique ; Fabien, directeur des achats) et Didier Cannac (directeur général), tous représentants de la 6e génération et descendants d’Antoine Waltefaugle, le fondateur de l’entreprise en 1856. Avec un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros, elle est aujourd’hui le 5e acteur français dans la construction métallique parmi les 800 entreprises que compte la profession en France.
« Nous réalisons plus de 40 % de notre activité dans l’agricole, 35 % dans l’industrie, 5 à 10 % de travaux spéciaux avec la réhabilitation et la transformation de bâtiments, et le reste avec l’export en Suisse », précise Michael Saugier.
Depuis 2022, la société centenaire a choisi de prendre à bras-le-corps la question environnementale en adhérant à l’action collective portée par le Centre Technique Industriel de la Construction Métallique (CTICM), dans le cadre d’un appel à projets de l’ADEME sur la décarbonation de l’industrie. « Huit charpentiers français ont participé à cette initiative. Nous avons réalisé différents audits, dont les scopes 1, 2 et 3 du bilan carbone, qui nous ont permis d’avoir une cartographie précise des émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre, produites ou non par l’entreprise. Les résultats du cabinet conseil qui nous accompagne nous ont été communiqués fin 2023. 80 % de notre empreinte carbone est liée à l’acier. Un important travail d’analyse a donc été mené pour construire notre feuille de route de décarbonation, qui comporte aujourd’hui 62 actions. »
La part d’acier décarboné représentera déjà plus de 1 000 tonnes
Cette démarche collective s’inscrit également dans le cadre de l’application de la RE 2020 et de ses nouveaux seuils à partir du 1er janvier 2025, concernant les constructions neuves dans les domaines tertiaire et industriel, et contraignant les acteurs à prendre en compte les émissions de CO2 sur le cycle de vie complet d’un nouveau bâtiment.
Pour diminuer le poids de sa matière première, la société haut-saônoise a décidé de proposer un acier bas carbone à ses clients, c’est-à-dire produit à partir d’une énergie dite verte et dont l’empreinte carbone est trois fois moins importante qu’un acier classique. Cet achat est possible car Waltefaugle a le poids suffisant pour s’approvisionner en direct auprès de lamineurs français comme Les Laminoirs des Landes, ou européens avec ArcelorMittal. « Nous consommons environ 15 000 tonnes d’acier par an. Sur 2024 et 2025, au-delà de notre situation individuelle, nous devons aussi rappeler à nos clients, les contractants généraux et les maîtres d’ouvrage, que l’acier est recyclable à l’infini. Il est une solution d’avenir », observe Michael Saugier.
L’entreprise a décidé d’agir sur d’autres leviers, comme l’éco-conception
Avec à son actif un premier bâtiment de loisirs (centre de padel) construit en région lyonnaise. « Ce complexe peut être transformé en bureaux en cas d’arrêt de l’activité. Cette évolution de destination prévue dès la conception est un changement radical pour nous, mais aussi pour nos clients. Nous sommes au début d’un mouvement qui va s’inscrire sur plusieurs années. Nous avons créé à ce titre, en avril 2025, un nouveau département des méthodes et du développement, avec un poste d’ingénieur détaché de la production », complète le directeur technique.
L’autre axe sur lequel la société Waltefaugle s’est engagée concerne le photovoltaïque, avec une première installation sur le site de Dampierre-sur-Salon en 2012. Elle a été suivie d’une seconde, fin 2023, pour une surface totale de 2 500 m², qui assure aujourd’hui 20 % d’autoconsommation. « Nous disposons de 45 000 m² de bâtiments. Notre ambition est d’accroître la part de l’énergie solaire. Nous avons lancé une nouvelle étude pour installer de nouveaux panneaux solaires en 2026. » Une expertise que la société a pu proposer à ses clients du monde agricole ces dernières années. « 95 % des bâtiments installés sont équipés de photovoltaïque. Le changement de réglementation applicable au 1er juillet 2025 a marqué un véritable coup d’arrêt commercial. Notre société va devoir s’adapter à ce nouveau contexte, comme elle l’a toujours fait », note Michael Saugier •

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