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Écrit par Manuel Posté le
passe en mode new game +
Il a découvert les plaisirs geek sur Amstrad CPC. Il a fait ses armes en tant que jeune professionnel, sur le jeu Ronaldo V-Football pour la Playstation PSX. Aujourd’hui, Sylvain Grosdemouge dirige, depuis Châtillon-le-Duc dans le Doubs, Shine Research, une PME qui fait rayonner le territoire dans l’univers du jeu vidéo.
Le bureau de Sylvain Grosdemouge est celui d’un homme occupé. Une manette de console y côtoie les piles de jeu vidéo, de la paperasse et des dosettes de café instantané. Il prend le temps de nous recevoir mais on sent qu’il a mille choses à faire. Le chef d’entreprise aime que les choses avancent : « Je me lasse très vite », confie-t-il.
En même temps, maintenir la cadence, il n’a pas trop le choix. Sa société, Shine Research, est aujourd’hui est en plein essor. En dix ans, elle est passée de 10 à 40 salariés et en 2025, le chiffre d’affaires a atteint les 10 millions d’euros. « Notre business model a évolué. Historiquement, notre métier est le portage de jeux vidéo : nous adaptons les jeux PC pour les consoles. Désormais, nous nous positionnons nous-mêmes comme éditeurs. Des millions d’euros de bénéfice ont été réalisés grâce à certains jeux sur lesquels nous avons travaillé sans rien percevoir. Aujourd’hui, nous faisons partie du deal. Nous repérons des jeux indépendants qui percent pour les aides à fructifier », explique le dirigeant.
L’entreprise franc-comtoise a par exemple co-édité et porté le jeu de parkour Rooftops & Alleys, sorti en 2024 sur la plateforme de jeu en ligne Steam, puis un an plus tard sur console. « Ce jeu est un carton ! », se réjouit-il. Sur Architect Life, jeu « maison » et projet phare de l’entreprise, Shine Research a, cette fois, endossé le rôle de studio avec une vingtaine de personnes en interne dédiées à son développement.
Exister dans une industrie en pleine mutation
Le gamer que Sylvain Grosdemouge était à 8 ans, lorsqu’il est tombé dedans, imaginait-il un tel avenir ? Depuis ses premiers pas sur Amstrad CPC (l’un des premiers ordinateurs à entrer dans les foyers dans les années 80) et la réalisation de son premier jeu – « un carré poursuivant des bornes aléatoires » – le natif de Champagnole (Jura), a vu l’univers du jeu vidéo évoluer. « Le modèle et le marché changent. De nombreux éditeurs classiques ont du mal à trouver leur place face à des moteurs de jeux en ligne qui permettent à de petites équipes de réaliser des jeux de qualité avec peu de moyens. C’est aussi devenu une industrie avec de nombreux métiers et sous-métiers, là où avant un même acteur pouvait tout faire : le graphisme, la programmation et même le son. Produire un jeu vidéo est devenu très complexe et quand on cherche un relais international, comme le fait Shine Research, c’est une véritable machine qui se met en route ! »
La révolution vient aussi de la façon de communiquer autour de cet univers qui voit émerger la troisième génération de joueurs. « Les relations presse ne représentent plus que 10% du budget communication, le plus gros va aux influenceurs et aux réseaux sociaux. »
Programmer me manque
Loin de se laisser dépasser, l’entreprise prévoit d’étendre son site à côté de Besançon et d’y aménager, notamment, une salle de playtest. « L’idée est de sortir des versions anticipées pour les développer et les tester avec la communauté. Nous voulons replacer le joueur au cœur du processus. »
Derrière les chiffres et la stratégie d’entreprise, le geek des débuts, fan de Prince of Persia, ne se tient pas très loin du clavier. « Je n’ai plus vraiment le temps de jouer sauf à Rider Republic avec mon fils mais j’ai encore mes vieux ordinateurs 8 et 16 bits… Programmer me manque, c’est une grosse frustration. Créer un jeu en tant que programmeur, sera l’un de mes projets pour la retraite ! » •
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