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Écrit par Tiphaine Ruppert-Abbadi Posté le
Numéro : Papote n°2
Département : Jura
À 13 ans, Sophie Thomas tombe amoureuse… de la musique japonaise. Vingt ans plus tard, celle qui a commencé par donner quelques cours de japonais dans les villages dirige, depuis Salins-les-Bains, l’une des plus grandes écoles de japonais en ligne pour francophones avec des milliers d’élèves à travers le monde. Portrait d’une Franc-Comtoise qui a transformé un rêve de gosse en réussite entrepreneuriale.
Tout démarre par un coup de foudre musical ?
Sophie Thomas : « Oui, la musicalité de la langue, sa sonorité, quelque chose m’a immédiatement touchée. Je ne savais absolument pas ce que j’allais faire de cette passion mais je savais déjà que je voulais apprendre le japonais. Ce que j’ai d’ailleurs fait après le bac en passant une licence de japonais puis en partant six mois à Tokyo dans une école de langue. »
À quel moment le japonais est-il passé de passion à métier ?
S. T. : « J’ai longtemps cherché comment faire vivre cette passion tout en restant en Franche-Comté. Mon premier rêve, c’était de travailler avec des musiciens japonais. J’ai même travaillé pendant deux ans dans une agence qui organisait les tournées européennes de groupes japonais. Le vrai déclic est arrivé en 2013, quand des collègues de mon mari m’ont demandé quelques cours. J’ai adoré transmettre. J’avais envie de rendre cette langue plus accessible, plus concrète, moins intimidante que ce que j’avais connu à l’université. J’ai mis quelques annonces dans les villages et les demandes sont arrivées : une, deux, puis quinze… »
Aujourd’hui, vous êtes loin du cours du soir sur une table de cuisine… De prof particulière à cheffe d’entreprise, comment ça bascule ?
S. T. : « J’étais frustrée de devoir refuser des élèves donc en 2019, j’ai lancé Cours-de-japonais.com avec des articles, des vidéos et des contenus en ligne autour de la culture japonaise. Puis la communauté m’a demandé des formations en ligne. L’aventure a pris une autre dimension. Aujourd’hui, nous sommes huit dans l’équipe, mon mari m’a rejointe comme cogérant et nous avons accompagné plus de 4 500 apprenants à travers le monde depuis 2020. Certains collaborateurs ont même quitté Paris pour venir s’installer à Baume-les-Dames. »
Qui « pousse la porte de vos cours », aujourd’hui ?
S. T. : « Des passionnés de mangas, des voyageurs, des professionnels, des futurs expatriés… mais surtout des passionnés du Japon depuis l’enfance. On retrouve aussi beaucoup de passionnés d’arts martiaux et de calligraphie. »
Et des élèves que vous n’attendiez pas ?
S. T. : « Oui, comme ces grands-mères qui apprennent le japonais pour pouvoir échanger avec leurs petits-enfants nés là-bas. Il y a aussi ce couple de Champagnole qui a tout vendu, maison et entreprise, pour s’installer au Japon. Elle, est devenue l’une des premières chauffeuses de taxi étrangères au Japon et lui travaille comme charpentier. »
Soyons honnêtes : le japonais est-il aussi difficile qu’on le raconte ?
S. T. : « Non et mes milliers d’élèves prouvent le contraire. La difficulté perçue, c’est l’écriture, mais elle s’apprend. Et à l’oral, c’est la langue asiatique la plus facile à apprendre. »
Le conseil que vous donnez à tous les débutants ?
S. T. : « Déjà, se lancer et commencer par les deux alphabets japonais. Une fois les kana en poche, la moitié du chemin est faite. J’ai beaucoup de jeux et de moyens mnémotechniques ludiques pour y arriver facilement. J’ai également écrit un livre qui permet d’atteindre le niveau « touriste autonome au Japon » en dix mois. » •
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