À propos de l'auteur.e
À 17 ans à peine, Agathe Grosjean a déjà décroché un titre national. Le 24 mars 2025, elle a été sacrée Meilleure Apprentie de France dans la catégorie charcutier-traiteur. Une consécration personnelle, mais aussi une fierté pour son employeur, Chez Marius à Ornans, et pour le CFA Hilaire de Chardonnet à Besançon, qui signe là son troisième titre MAF depuis 2005. Douce, souriante, le regard déterminé, Agathe Grosjean nous reçoit en tenue de cuisinière, juste après les cours. En 2e année de CAP charcutier-traiteur, elle nous installe dans une petite salle du CFA Hilaire de Chardonnet à Besançon. Accrochés au mur, trois cadres attirent notre attention : ceux des rares apprentis sacrés Meilleurs Apprentis de France (MAF). Depuis 2005, ils ne sont que trois à avoir décroché ce prestigieux titre dans l’établissement. Agathe est la seule fille du palmarès.
À ses côtés, Philippe Guélard, son professeur de charcuterie, ne cache pas sa fierté : « Dans une classe, rares sont ceux qui ont le niveau pour prétendre au MAF. Il faut être sérieux, travailleur, capable de se remettre en question. Certaines années, je ne présente aucun candidat. » En 2025, deux filles osent se lancer. Seule Agathe décrochera la 1ère place.
Un déclic lors d’un stage de troisième
Rien ne prédestinait Agathe à une carrière dans la charcuterie. Élève studieuse, elle cherche un stage de troisième et postule, un peu par hasard, Chez Marius, boucher-charcutier d’Ornans . « Je ne savais pas ce que je voulais faire. J’ai fait mon stage chez Marius à Ornans un peu par dépit au départ », confie-t-elle. L’établissement venait d’ouvrir, le jeune patron, un ancien élève du CFA, était encore en rodage. À la fin du stage, c’est le déclic. « Quand je suis retournée à l’école, j’avais juste une envie : continuer. » Quelques semaines plus tard, elle visite le CFA pour confirmer son choix, puis signe son contrat d’apprentissage avec la même entreprise. C’est d’ailleurs son patron, Anthony Chevènement, lui-même ancien candidat au MAF, qui l’encourage à tenter l’aventure du concours. « Il me disait que c’était une super expérience, que ça ouvrait des portes dans le métier. Il croyait en moi. »
Six mois de préparation intense
Dès l’automne, les candidats reçoivent le sujet national. Trois réalisations sont au programme : une tourte « tout cochon » aux fruits secs, un saucisson cuit de porc et canard, et une terrine de pâté grand-mère. Les fiches techniques sont pointues, le niveau d’exigence élevé. « La cuisson de la tourte, c’était vraiment le produit technique du concours », confie-t-elle. Pendant six mois, Agathe travaille sans relâche, épaulée par Anthony Chevènement, son employeur. « C’est un gros investissement personnel. De septembre à mars, je travaillais mon sujet toutes les semaines, sur mon temps libre. Aujourd’hui, si on me redemande de faire une tourte… c’est non ! », plaisante-t-elle. Après avoir franchi les sélections régionales en novembre 2024, Agathe se prépare à l’épreuve finale, organisée sur trois jours : deux journées de travail en laboratoire, suivies d’une matinée de dressage et de présentation du buffet. La pression est à son comble et le 24 mars 2025, sur la scène parisienne du Centre d’Excellence des Professions Culinaires (CEPROC), les résultats tombent. « On est en tenue blanche, toque sur la tête. Ils annoncent les noms par ordre alphabétique. C’est impressionnant. J’étais la troisième. » Cette année, cinq jeunes talents français reçoivent le titre de Meilleur Apprenti de France. Agathe est l’une d’eux. Son patron est fou de joie.
Une exception dans un monde d’hommes
Sur les 18 finalistes âgés de 16 à 21 ans, elles n’étaient que trois filles. « Ce titre, c’est aussi une manière de clouer le bec à ceux qui disent, même en plaisantant : « T’es une fille, t’y arriveras pas ». » Son prochain objectif : intégrer le CEPROC à Paris pour y préparer un brevet professionnel. « C’est un centre réputé, avec des interventions de Meilleurs Ouvriers de France. » Et après ? Peut-être une mention complémentaire traiteur, puis un brevet de maîtrise pour, un jour, monter sa propre entreprise. Dans un coin de sa tête, un rêve plus lointain : celui de décrocher un jour le titre de MOF – Meilleur Ouvrier de France •
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