À propos de l'auteur.e
On le pensait dépassé, il revient en force : le cannage fait son grand retour dans nos intérieurs. Artisane-canneur, la franc-comtoise Amica Desbordes incarne cette nouvelle génération d’artisans qui, tout en honorant les traditions, redonne un vrai coup de jeune aux techniques d’autrefois.
Dans un coin, une chaise attend son tour. Usée par le temps, son assise tressée a cédé, laissant apparaître son cadre de bois nu. Il faudra 8 à 12 h à Amica Desbordes pour la faire renaître. Son geste est précis et sûr. La jeune artisane-canneur de 32 ans tisse chaque brin de canne de rotin dans un entrecroisement de passages verticaux, horizontaux et diagonales pour former une multitude d’octogones parfaits et réguliers. Loin du rempaillage industriel, le cannage à l’ancienne qu’il soit « français traversé », « chevillé-collé », « en éventail » ou « en soleil », exige des heures de travail. « C’est un métier de patience », confirme celle qui a été formée en 2020 par Denis Guérin, Maître Artisan d’Art en Charente-Maritime. Un savoir-faire qui traverse les siècles depuis l’arrivée du rotin en France au 17e siècle.« Comme j’adore le rotin, je me suis formée pour leur donner une seconde vie »
« Comme j’adore le rotin, je me suis formée pour leur donner une seconde vie »
Offrir une seconde vie au mobilier
A l’ère de la seconde main et des démarches éthiques, le métier de canneur a plus que jamais sa place dans notre économie. D’ailleurs, Amica Desbordes est labellisée « Répar’acteurs », label visant à promouvoir l’expertise des artisans tout en encourageant l’économie de proximité et la consommation responsable. Des valeurs qui lui sont chères. « Je chinais énormément et je voyais régulièrement des meubles abîmés en rotin finir à la déchetterie. Comme j’adore le rotin, je me suis formée pour leur donner une seconde vie » raconte l’artisane. Une chaise transmise de génération en génération, un fauteuil déniché en brocante, un mobilier chargé de souvenirs que l’on veut préserver… Plus qu’un meuble, c’est un bout de vie qu’Amica Desbordes a entre ses mains pendant de longues heures. Sans compter que le mobilier canné n’a jamais autant eu la cote. Les industriels le mettent à toutes les pages de leurs catalogues, les fans de vintage le recherchent activement. Chaises, fauteuils, tabourets, miroirs, têtes de lit, façades d’armoires… Le cannage s’invite partout, même dans les intérieurs les plus contemporains. « Je travaille aussi bien pour des anciens qui veulent restaurer des meubles qui leur sont chers que pour des jeunes qui viennent avec une belle pièce design à rénover, comme une chaise Cesca ou un modèle pliant des années 60, d’Aldo Jacober », explique la jeune femme, également formée à la marqueterie de paille pour lancer ses propres créations. Des sièges oubliés qui retrouvent leur élégance d’antan, tissés avec le même amour du détail qu’autrefois.
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