
Numéro 2
Magazine gratuit
Parution annuelle
Disponible dans plus
de 500 points de vente
en Franche-Comté.
Écrit par Manuel Posté le
Ce qui se joue derrière le comptoir
Entre fromagers, maraîchers et bouchers, un stand discret a fait son apparition au marché Beaux-arts de Besançon. Derrière le comptoir, des travailleurs en situation de handicap et des produits de qualité fabriqués par les ESAT de France. Rencontre.
À 10h ce jeudi matin, il n’y a pas encore foule au marché. Juste quelques habitués qui arpentent les allées, cabas au bras. Sur le stand du Coin des Talents, Guillaume écoute attentivement Hélène lui expliquer le fonctionnement de la caisse enregistreuse. On pourrait les croire collègues et ils le sont, d’une certaine façon, mais l’un est travailleur en situation de handicap, l’autre encadrante.
Un tour de France des savoir-faire
Depuis décembre 2025, ce stand porté par Solidarité Doubs Handicap s’est installé dans le quotidien des clients. Miels, cafés, tisanes, biscuits, terrines, jus de pomme, savons, vins… Une offre qui pourrait sembler banale mais qui présente pourtant une particularité : chaque produit est fabriqué en ESAT(1) par des travailleurs en situation de handicap, de la matière première jusqu’à la mise en rayon, soit 180 références issues de l’économie sociale et solidaire. « On a fait le tour de France des ESAT pour sélectionner une offre de qualité », explique Jean-Michel Lamy, responsable du pôle Accompagnement et Travail à Solidarité Doubs Handicap. Parmi les trouvailles, un stylo fabriqué dans le Jura, beau au point d’avoir été référencé par la boutique de l’Assemblée nationale. « L’objectif n’est pas de faire des marges importantes mais de rendre nos travailleurs fiers de ce qu’ils font et de réussir leur inclusion en dehors de leur ESAT. » Pour que celle-ci soit réelle, le choix d’un stand au cœur d’un marché couvert, sans porte à franchir, était donc une évidence.
Une belle réussite d’intégration “hors les murs”
Pour décrocher leur place ici, Laura, Guillaume, Arthur, Yann et Éric ont postulé et passé un entretien d’embauche en situation réelle. Depuis, ils accueillent, conseillent, échangent avec les clients et parfois encaissent sous l’œil bienveillant de leur moniteur. Mais ce que la vente leur apporte dépasse bien souvent le stand. « Quand on leur apprend à gérer les dates de péremption, ils acquièrent des réflexes qu’ils réutilisent chez eux aussi », précise Hélène. Au fil des semaines, chacun gagne en aisance dans la manière de valoriser ce qu’il fait et gagne en confiance. « J’adore être ici, recevoir les clients… J’aimerais y être tous les jours », me confie Guillaume en encaissant tranquillement mes deux sachets de thé. Comme ses collègues, il travaille par cycles : 15 jours sur le stand, 15 jours en ESAT.
Au marché, les clients s’arrêtent, discutent et, bien souvent, reviennent. Certains pour la qualité des produits, d’autres pour l’accueil ou l’envie de participer à quelque chose de bien. La prochaine fois que vous passerez au marché des Beaux-Arts, arrêtez-vous… Ce qui se joue derrière ce comptoir mérite bien ça. •
Produits à l’unité et paniers garnis en vente. Animations régulières.
(1) ESAT : Établissements d’accompagnement par le travail
Céline Delagrange
La nouvelle énergie de L’Étang du Moulin Dans la famille Barnachon, l’hôtel a trouvé sa nouvelle capitaine. Après avoir grandi […]
Clotilde Jacoulot sous les projecteurs
Derrière les étals colorés de Jacoulot Primeurs, à Morteau, il y a Clotilde. Un sourire, une énergie débordante, un franc-parler […]
Elvina, ou l’art de relier
Dans un monde dominé par les écrans, il reste des artisans qui, patiemment, redonnent vie aux livres, anciens ou modernes, […]
Tissage de Séquanie
Curieux insatiable, explorateur des savoir-faire oubliés, Guillaume Millot n’est pas de ceux qui cherchent l’originalité par simple effet de style. […]